samedi, 18 novembre 2017
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6 novembre 2004 : assassinat de neuf soldats français à Bouaké

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L’ordonnance de renvoi devant la Cour de Justice de la République (CJR) de Michèle Alliot-Marie, Michel Barnier et Dominique de Villepin, transmise par la juge d’instruction Sabine Kheris au procureur de Paris, François Molins, le 2 février 2016, précise qu’« il est apparu tout au long du dossier que tout avait été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement » du 6 novembre 2004 qui a causé la mort de neuf soldats français et d’un humanitaire américain et a blessé, pour la plupart gravement, 37 soldats. Depuis rien ne s’est passé et le procureur de Paris n’a pas transmis l’ordonnance à la CJR. RFI semble attribuer cette lenteur au fait que François Molins a été directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie place Vendôme. Il est plus probable que c’est François Hollande qui se réserve le choix du moment de la transmission à la CJR. Il est même possible d’envisager qu’il protège Jacques Chirac et attend qu’il soit devenu impossible de le mettre en cause.

L’Afrique, les instruments djihadistes, la France

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L’actualité syrienne met en évidence l’impasse dans laquelle se trouve le camp occidental (États-Unis et satellites) réduit à communiquer sur les crimes qu’il commandite en accusant les Russes de les avoir commis puis à se coucher en tentant vainement de faire croire que ce sont les autres qui se couchent. Depuis la guerre d’Afghanistan et le choix de Zbigniev Brzezinski de favoriser l’islam radical et le moyen du terrorisme contre les Soviétiques et malgré la chute de l’URSS, pour des raisons qui n’ont que de lointains rapports avec cette compromission suicidaire, ce soutien ne s’est jamais démenti, il a seulement changé de forme suivant les intérêts du commanditaire. L’Afrique devenant le dépotoir des instruments djihadistes, il est utile d’examiner à quoi il peuvent bien servir et ce qui peut en résulter pour l’Afrique.

Afrique centrale, l’impossible alternance

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Dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale, six élections présidentielles ont été organisées entre mars et août 2016. Seul le vote en République Centrafricaine s’est déroulé dans des conditions acceptables. Même Sao Tomé et Principe, pourtant montré comme un exemple de démocratie, a connu un scrutin agité avec des accusations de fraude. Au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale les pouvoirs en place depuis des décennies ont été reconduits lors de consultations critiquées. La septième élection de l’année, qui devait se dérouler en République Démocratique du Congo en novembre 2016, n’aura pas lieu. C’est pourtant la première fois que les Congolais auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix dans les urnes depuis l’indépendance en 1960. Les citoyens de ces pays n’ont jamais autant aspiré à une véritable démocratie qui mettrait fin à un système de gouvernance gangréné par la corruption et le népotisme et par conséquent à leur misère. Les taux élevés de participation aux divers scrutins attestent de cette envie d’alternance. La volonté populaire d’en finir coûte que coûte avec ces Présidences autocratiques expliquent l’intensité des crises pré ou post électorales. Une nouvelle fois, des deux Congo, Brazzaville et Kinshasa, nous parviennent des images de cadavres gisant dans le sang. Insoutenable. Une nouvelle fois, une fois de trop…

Revenons à l’Avant

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L’Avant fut comme ce voile assez noir  fantômal, gonflé par le vent, des matins gris d’hiver, sur la côtière, se détachant sur fond d’Océan grondant, des pétarades de fiers  « dockers », en chemin ouvrier, affairés pour une course aux dirhams « strangulante », casque noir à l’ancienne, posé sur la tête, au gré du vent, familles en poupe, joggeurs de fortune emmitouflés, bref la longue journée est en marche.
La mienne- plus nuancée l’est aussi mais elle se sait face à quelques détournements de lectures  d’une histoire récente, encore brûlante, en digestion.

Excision : Une lâche compromission avec l’innommable

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Photo : DR

Confortablement installés sur leur canapé en cuir, deux médecins de Cleveland, dûment assujettis au serment d’Hippocrate, viennent de prôner, dans une prestigieuse revue spécialisée, « la tolérance des sociétés libérales » à l’égard de l’excision. Mieux encore, ils suggèrent son raffinement chirurgical dans l’intérêt bien compris de ses bénéficiaires féminines. Avec une excision « minimaliste » et aseptisée, disent-ils, on pourra concilier le respect de l’identité culturelle et le souci de la santé publique. Peu importe, à leurs yeux, que cette mutilation sexuelle infligée annuellement à 200 millions de fillettes soit une des pires ignominies de la planète. Peu importe, aussi, que l’OMS s’époumone, de campagne en campagne, à prôner son abolition, obtenant peu à peu quelques maigres résultats.

COMMENT PEUT-ON ÊTRE « PRO-RUSSE » ?

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Comme si elle avait les vertus d’un exorcisme incantatoire, une véritable litanie inonde les médias occidentaux. La Russie, dit-on, est une menace pour l’Occident, un péril mortel pour ses intérêts, un ferment corrosif pour ses valeurs. Insensible à la diplomatie, cette puissance aux allures de brute épaisse ne comprend que la force. Hermétique à la négociation, elle est totalement imperméable au code de conduite des nations civilisées. Il faut regarder la réalité en face, et cesser de croire que la Russie a changé, qu’elle n’est pas la réplique d’une URSS dont elle charrie le sinistre héritage. Si l’on veut s’opposer aux ambitions effrénées de l’ogre russe, inutile d’y aller par quatre chemins : il faut réarmer au plus vite et se préparer au pire.

La stabilité de la Côte d’Ivoire à nouveau en question ?

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Depuis quelques mois, augmente à nouveau la distorsion entre la remarquable communication du pouvoir ivoirien sur les perspectives de croissances et l’état actuel de développement de la Côte d’Ivoire et la perception qu’en ont les Ivoiriens eux-mêmes. Le PIB ivoirien est dans le top ten des taux de croissances mondiaux, mais les retombées pour la population sont minces et le mécontentement est fort. Les chancelleries et, surtout, les investisseurs étrangers sont tous d’accord pour dire qu’il faut investir en Côte d’Ivoire, mais à condition que la stabilité en soit assurée. Or, c’est là que le bât blesse, car si l’opinion ne suit pas, tout devient possible.

À Yammoussoukro le 19 juillet 2016, a lieu une

Gabon : échec de la tentative de placement d’un pion occidental à la tête de l’État ?

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Curieuse fin de partie au Gabon. Un candidat d’origine chinoise, Jean Ping, pilier du régime sous Omar Bongo, reproche à son beau-frère, Ali Bongo, d’être d’origine nigériane (ce qu’Ali Bongo nie) et, de ce fait, ne pouvoir être chef de l’État. Ce même Jean Ping a été le mari de Pascaline Bongo (fille d’Omar et sœur d’Ali) et s’est trouvé pendant toute sa carrière au cœur du système Bongo. A 73 ans, ce vieux cheval de retour de la politique gabonaise s’est présenté comme le renouveau de la vie politique de son pays et a fait campagne sur le thème du refus du maintien d’un « étranger » au pouvoir alors qu’il est lui-même d’origine étrangère.

Il est finalement battu de justesse dans les urnes et réagit brutalement en se proclamant élu sans attendre le verdict de la cour constitutionnelle.

INTERVIEW DE M. JEAN CLAUDE DE L’ESTRAC, LE SECRETAIRE GENERAL DE LA COMMISSION DE L’OCEAN INDIEN A PROSPECTIVE AFRICAINE

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M. Jean-Claude de L'Estrac

La Commission de l’Océan Indien ou la transformation d’une périphérie en hub

Il n’existe aucune organisation inter-étatique réunissant aussi peu de population (25 millions) sur une aussi grande surface maritime (5,5 millions de km²). Comment une telle poussière humaine perdue au milieu de l’océan pourrait-elle avoir un poids quelconque dans le concert des nations ?

Pourtant l’évolution géopolitique est favorable à la COI. En effet, d’un point de vue régional, le canal du Mozambique reste un point de passage obligé des transports intercontinentaux, pendant que ses fonds marins ‎suscitent l’intérêt et alimentent des contentieux frontaliers. L’Inde confrontée au grand projet structurel chinois « une voie, une route », marque son aire d’influence en lançant le projet SAGAR. La Chine, qui est devenue observateur auprès de la COI en février 2016, fait passer sa route maritime par la côte est-africaine. Tout cela dans le contexte de la crise financière internationale et de la création des instruments financiers des pays BRICS, AIIB et NDB. Or, au cœur de la COI, il y a Maurice, et sa place de relais financier à destination de l’Afrique et de l’Inde, mais aussi de la Chine et d’autres puissances, y compris occidentales. Sans compter l’énorme potentiel agricole de Madagascar, ou touristique des Comores, qui rêvent de rivaliser sur ce plan avec les Seychelles. En n’oubliant pas La Réunion qui fait de la COI un relais de la France et de l’Europe à un autre bout de la terre.

De tout cela et de bien d’autres choses encore telles que la thématique insulaire ou celle de la sécurité, Jean-Claude de l’Estrac a su jouer, lui qui a porté sur les fonds baptismaux la COI il y a plus de 30 ans. Il termine dans quelques semaines son mandat de secrétaire général de la COI qui apparaît désormais comme un hub incontournable plein de potentialités. Il est temps de dresser un bilan de son action. C’est pourquoi Prospective Africaine a souhaité lui donner la parole.

LA GUERRE AU YÉMEN (3/3)

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III – Le Yémen dans le continuum des conflits post-guerre froide –

Estimer l’importance du conflit yéménite nécessite de le resituer dans le continuum des conflits post-guerre froide, dans sa forme et sur la stratégie suivie.

Sur la forme, rien ne le distingue des précédents conflits (cf. liste supra). Il s’agit d’une agression planifiée sous égide US et qui, depuis le conflit libyen, laisse cependant à d’autres le rôle de s’exposer, ici l’Arabie Saoudite. Malgré un budget militaire équivalent à celui de la Russie (56 milliards de $), il n’en a pas les capacités requises, ni pour le mener seul, ni en coalition. Il en a seulement l’antériorité (11)[1]

La coalition de 34 nations islamiques qu’il prétend avoir montée ne se retrouve ni sur le terrain, ni dans les chancelleries concernées. Il ne s’agit en l’occurrence de pallier ses carences mais plutôt du classique remake de l’opération masquage de type US pour faire croire à l’implication de la « communauté internationale», inaugurée en fanfare à l’occasion de la première guerre d’Irak (1991). Les (rares) troupes arabes qui participent à la guerre au Yémen n’ont été qu’achetées, conformément à la seule diplomatie que pratique l’Arabie Saoudite, celle du chéquier. Quant à l’implication du CCG, organisation factice regroupant les pays du Golfe et d’inspiration britannique, elle n’a vocation à donner l’illusion d’un ersatz d’OTAN du Golfe. La réalité du terrain est différente : elle prouve, via les pertes constatées, le recours massif au mercenariat, colombiens en particulier, et par conséquent aux SMP’s occidentales[2]. La participation discrète ou secrète de certaines nations occidentales, non seulement n’est pas une mystère mais est en fait indispensable : il faut bien que quelqu’un dirige les opérations militaires, les coordonne, organise le renseignement, fournisse les appuis spécialisés, etc…, et surtout organise l’embargo total, autre classique des guerres US, naval en particulier et à partir de la Corne de l’Afrique, toute chose que l’Arabie Saoudite n’est pas en mesure de faire. S’agissant des opérations aériennes, là encore le terrain parle :