Vendredi 13 novembre 2015, le 13/11 désormais, Une série d’attaques simultanées ensanglantent Paris. Les directs des médias télévisés ont pataugé lamentablement toute la soirée, ayant oublié de garder en réserve le stock de reporters de guerre désormais nécessaires pour aller sur le terrain vérifier l’information. Sans compter la diffusion sur tous les sites des grands médias de messages Twitter de témoins dont le Smartphone n’est pas à l’heure française, ce qui a embrouillé encore plus la perception de la chronologie des événements, y compris par les rédactions des grands médias.

L’attentat le moins meurtrier a lieu vers 21h40, pendant la mi-temps au Stade de France, au bar le Comptoir Voltaire, au croisement du boulevard Voltaire et de la rue de Montreuil, dans le 11e arrondissement de Paris, quand un djihadiste se fait exploser, blessant gravement la serveuse et plus ou moins gravement cinq ou six clients.

Seul le site letemps.ch, signale, à 23h20 :

« Non loin du Boulevard Voltaire… À deux pas de la Place de la Nation, rue de Montreuil, six cars de pompiers sont stationnés. Des policiers sont dans une forte tension, armes brandies. Ces événements ont lieu à deux pas du Boulevard Voltaire, là s’est déroulée la manifestation du 11 janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo. »

Pendant ce temps, les télévisions communiquent sur des fusillades boulevard Richard Lenoir (oubliant que le Bataclan est situé près du carrefour de ce boulevard) ou sur un attentat boulevard Voltaire, désignant semble-t-il l’explosion au Comptoir Voltaire et oubliant à nouveau que le Bataclan est situé lui aussi sur cette grande artère.

Les principaux massacres ont lieu, simultanément, dans les minutes qui suivent les explosions au Stade de France, au Bataclan même ; au Petit Cambodge, dans le 10e arrondissement, à l’angle des rues Alibert et Bichat ; à la terrasse des restaurants La Belle Équipe et Sushi Maki, au croisement de la rue de Charonne et de la rue Faidherbe, dans le 11e ; à la terrasse du Cosa Nostra, rue de la Fontaine au Roi, encore dans le 11e.

La lumière n’est pas faite sur les annonces de fusillades dans le quartier des Halles, à Beaubourg et dans le quartier du Louvre…

La faction permanente de militaires à proximité de la plupart des cibles (à peine à 100 mètres du Comptoir Voltaire par exemple), donne une idée de l’efficacité du plan Vigipirate qui échoue, pour la seconde fois la même année, à prévenir, empêcher ou arrêter quoi que ce soit ou qui que ce soit.

Au total, ces attaques feront environ 130 morts, 80 blessés graves et un nombre inconnus de blessés légers. Le calme et la détermination des assassins est probablement ce qui ressort le mieux des premiers témoignages.

Il est difficile de ne pas faire le lien entre ces attentats et la surmédiatisation de rares bombardements français contre Daech (3 en un mois alors que les Russes détruisent 150 cibles par jour en Syrie) et l’illégalité assumée de l’élimination de djihadistes français en intervenant sur le territoire d’un Etat au mépris de sa souveraineté et des règles auxquelles sont supposés astreints tous les pays membres de l’ONU.

D’autant que les centaines de jeunes français qui sont tombés dans les filets de l’islam wahhabite et sont partis combattre en Syrie étaient encouragés à le faire, en plein battage médiatique délirant contre « Bachar le boucher qui massacre son peuple » et pouvaient légitimement être persuadés qu’il s’engageaient en pleine conformité avec les positions officielles de la France.

Il serait bien temps de tourner clairement le dos aux errements d’un Sarkozy et d’un Juppé, détruisant la Lybie (avec des conséquences dramatiques encore plus en Afrique qu’en Europe) et initiant celle de la Syrie en instrumentalisant un islam radical au profit des intérêts qataris et saoudiens. Des Français (s’il n’y a que des Français parmi les victimes) n’ont pas à mourir pour imposer le passage d’un pipe-line par la Syrie.

Inutile de s’étonner alors d’un monstrueux retour de bâton.

N’est-il pas temps pour les autorités françaises de sortir enfin du piège où elles se sont enfermées et de se décider enfin à situer leur action dans le respect le plus strict du droit international et des règle dont un Etat membre du conseil de Sécurité est le dernier à avoir le droit de s’abstraire à moins de passer pour indigne de cette responsabilité ?

Ce respect du droit enfin assumé ne permettrait-il pas de ne pas suspendre plus de quelques jours les libertés démocratiques, en France même, où l’Etat d’urgence a été décrété dans la précipitation ?

Car si le choix par les autorités françaises du mépris du droit international venait à être une position de principe clairement assumée, le respect du droit et des libertés, en France même, risquerait de n’être plus que le souvenir d’un âge révolu.

Les terroristes auraient alors remporté un succès lourd de conséquences puisque le déni de démocratie, au lieu de faciliter la lutte contre l’Islam wahhabite, faciliterait la radicalisation.

La manifestation la plus symbolique du retour au respect du droit serait le limogeage de l’actuel ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius. Il y a urgence absolue.