Au lendemain des attentats de Paris, l’heure est évidemment au recueillement et à la solidarité avec les victimes et leurs familles. Toutefois, les circonstances appellent aussi à la réflexion et à l’analyse froide. Il serait en effet particulièrement dangereux d’éluder la réalité de la situation présente ou d’en laisser le monopole aux habituels chantres de la pensée conforme et à la récupération des politiciens à courte vue.

La France est désormais en situation de guerre civile

Il s’agit en effet d’interpréter les faits tels qu’il sont, à savoir que la France est désormais en situation de guerre civile, et que toute mauvaise interprétation à cet égard, volontaire ou non, n’aura d’autre conséquence que de la rendre plus profonde, plus durable et plus inexpiable. Aborder une guerre en commençant par en nier la réalité, ou en se trompant sur ses causes réelles lorsque ce n’est plus possible, revient à la perdre avant même de l’avoir engagée.

La situation française résulte de deux processus parfaitement distincts et se combinant à un moment donné et un endroit précis pour produire des effets tels que ceux qui viennent d’avoir lieu.

  • Le plus médiatique de ces processus est la guerre dite « antiterroriste », dont il convient ici d’en apprécier la part réelle dans la crise française. Cette guerre, bien mal nommée « anti-terroriste » en ce que cette dénomination n’en fait apparaître volontairement qu’un des aspects, est en fait un conflit globalisé voulu par la puissance US et à des fins qui lui sont propres. Parmi toutes ses caractéristiques utiles à la compréhension, trois interviennent directement dans la situation française. Premièrement, c’est une guerre qui n’en finit plus (Irak, Afghanistan, … ) ; deuxièmement, pour des motifs strictement internes à la stratégie US, elle instrumentalise à fond le fait islamiste avec son corollaire le terrorisme ; troisièmement les deux derniers dirigeants de ce pays ont décidé d’y impliquer résolument la France derrière les Américains.
  • Le second processus, spécifiquement français et d’origine plus lointaine, peut se résumer par des décennies de laxisme à la française, jouant sur l’instrumentalisation à la fois économique, politique et idéologique de l’émigration croissante de populations notamment musulmanes.

La guerre finit par s’étendre selon la pente de moindre résilience des peuples

Ces deux processus ont fini par entrer en résonance du fait de l’utilisation ambivalente d’un terrorisme islamiste militarisé dont le modèle fut mis au point au cours de la première guerre d’Afghanistan. Or, comme tout concept militaire, il possède ses propres vulnérabilités qui tôt ou tard se font sentir. Deux parmi elles jouent pleinement dans la situation française : l’une est que le terrorisme islamiste militarisé se révèle très difficilement contrôlable, l’autre est qu’il s’entretient naturellement par recrutement auprès des populations et des diasporas musulmanes. Nul parmi ses concepteurs n’en avait à l’origine envisagé les effets à long terme tels qu’ils sont désormais observables sur le sol français. Il était donc fatal que la « guerre anti-terroriste » en vint à s’inviter au pays des « bisounours » !

La raison en est la suivante : tout stratège un tant soit peu cohérent sait, en effet, que la guerre est un phénomène qui, toujours, finit par se développer de manière autonome à partir d’une dynamique propre. Elle échappe ainsi aux naïfs qui la croient contrôler, Pentagone compris. La « guerre anti-terroriste » respecte cette règle. Cette dynamique intrinsèque peut se résumer au fait que la guerre finit par s’étendre selon la pente de moindre résilience des peuples. Or, vu l’état réel de la France, il était inévitable que cette pente passât par elle.

Mais arrivée sur le sol français, elle n’est plus un parmi d’autres des théâtres de la « guerre anti-terrorisme ». Ce serait un grave contre sens de penser ainsi, elle est devenue une guerre civile entre une partie des français, fut elle infime, déterminée à faire la guerre à l’autre comme on vient de le voir. De cette spécificité française, il ressort en plus qu’elle est bien le fait de docteurs « padamalgame » le jour, et se transformant en redoutables messieurs « kalashnikov » la nuit pour mitrailler une population que par ailleurs ils savent parfaitement « stockholmisée ». Stockkolmisé est un terme oublié, mais ici parfaitement opportun, pour décrire toute victime quelque part complice de son agresseur.

Les conséquences de l’effet « syndrôme de Stockholm »

Cette stockholmisation de fait de populations devenues cibles est le fruit patiemment maturé, parfaitement inattendue et totalement prévisible, de l’imposition d’une pensée conforme au moyen d’un terrorisme intellectuel historique. Celui-ci vise entre autre à interdire toute discussion ou opinion dissonante sur le phénomène migratoire alors même que celui-ci conditionne totalement autant son avenir que celui de l’Europe. L’interdit inviolable est par ailleurs porté par une bourgeoisie trotskisante qui assure son monopole sur la pensée au moyen des tribunaux d’inquisition que sont devenus les médias, placés désormais entre les mains de hordes de kapos, de chiens de Pavlov et d’idiots utiles de la pensée conforme, excommuniant et ostracisant tels des petits Vichinsky, cet ignoble procureur des sinistres procès de Moscou.

Cette outil quasi parfait d’imposition d’une pensée conforme, est naturellement devenu le premier carburant de la guerre civile qui s’annonce en ce qu’il entretient un déni de réalité persistant. C’est pourquoi la situation ne manquera pas d’évoluer comme suit.

La peur, inéluctablement engendrée par des attentats qui se répètent sans que l’état ne montre de capacité à les juguler, poussera à la radicalisation de populations pourtant naturellement pacifiques et dites « issues de l’émigration » par la doxa. C’est en effet là que joue le mécanisme mortifère de la pensée conforme. La peur est en effet engendrée par une perception totalement partagée qui veut que c’est dans ces populations que se recrute l’essentiel des tueurs potentiels. Or, non seulement la pensée conforme interdit une telle perception mais elle exige de surcroît que les bienfaits et la protection de la République s’étendent à tous ses enfants, et plus particulièrement à ses apprentis terroristes. Les futures victimes n’ayant pas le droit de se sentir menacées, ni à fortiori de prendre les mesures élémentaires qui partout ailleurs s’imposeraient, il ne peut qu’en résulter une situation schizophrénique, porteuse de tous les possibles.

Ainsi sont encouragés les terroristes potentiels, par ailleurs de mieux en mieux formés par des stages en Syrie, afin d’y cultiver l’art de la terreur, et sans que les services idoines, pourtant dotés de moyens réputés exceptionnels, ne puissent ou ne veulent sur ordre y faire grand-chose. On sait donc les prochaines étapes de cette guerre.

Les attentats par séries sont appelés à se renouveler

Les attentats par séries sont appelés à se renouveler mais à un rythme et avec une ampleur accrus (10 mois entre janvier et novembre 2015 – de 2 à 6 entre les deux, par conséquent au moins 15 dans six mois). Le conflit s’étendra alors à l’ensemble du territoire pour rapidement faire apparaître les limites du système sécuritaire. De là croîtront alors les « zones de non droit » qui seront autant de sanctuaires, pendant que le reste se bunkerisera dans une situation à l’israélienne. Tout cela survient évidement en des temps où l’économie est plus vacillante que jamais et que les vagues migrantes, soutenues autant par les voix officielles que médiatiques, viennent d’atteindre le nord de Paris. Situation explosive s’il en est, nul n’aurait imaginé un piège aussi parfait.

Quelles réactions pour la population hors de la paranoïa véhiculée par les médias ?

  • L’élite tout d’abord puisque toute société est organisée par ceux qui en profitent le plus : l’histoire enseigne que les élites généralement trahissent en situation périlleuse, primant leurs intérêts immédiats à ceux de la communauté. Ainsi, au soir de sa défaite de Kosovo Polie, l’aristocratie serbe se convertit-elle à l’islam. Des siècles plus tard, les conséquences n’en sont pas encore résorbées. Ainsi, la bourgeoisie versaillaise exigeât-elle de composer avec le Prussien en échange qu’il la laisse exterminer la Commune. Les traces douloureuses en sont encore parfaitement perceptibles dans l’inexistant « dialogue social » à la française. Rien, au contraire, ne permet d’envisager une autre attitude pour l’élite française : elle composera avec l’ennemi !
  • Le « peuple » ensuite, puisqu’il fait bien le bonheur de l’élite en étant tel : les circonstances veulent que les attentats de Paris précèdent de quelques semaines des élections d’ampleur nationale. Il n’est pas de meilleure façon de pouvoir ainsi procéder à un état réel de l’opinion, que nul autre moyen, médias ou politiciens, n’est capable d’opérer. Or dans l’épreuve, on sait les peuples déboussolés tentés par la voie « pétainiste », autrement dit par l’illusoire sécurité de l’illusoire homme providentiel. Ramené à la question du moment, ceci reviendrait à ce que ces élections renouvellent la confiance dans ces politiciens qui depuis toujours démontrent leur incapacité à résoudre les problèmes. Auquel cas, si une telle hypothèse se confirme, elle sera alors porteuse d’une autre guerre civile s’imbriquant à la première, celle qui opposerait alors les français entre eux sur la politique à suivre. Ceci correspondrait alors à un très mauvais remake de la période 1942-44, à la différence notable qu’il n’y a nul salut à attendre d’une quelconque armée US, et encore moins russe. Cette fois, les Français devront bien se d… seuls.

Le confort des élites ne sera pas assuré pour autant

Enfin, de façon à ne pas rester sur une note trop noire, on ajoutera que malgré les trahisons, le confort des élites ne sera pas assuré pour autant, laissant ainsi la possibilité qu’émergent les voies d’une issue possible. Or, sur un plan théorique, elles sont parfaitement connues. La guerre civile étant une guerre comme les autres, à savoir un transfert accéléré de pouvoir et de richesse, s’impose alors la stratégie qui vise à « remonter jusqu’à la source du mal » pour l’éradiquer. Progressivement ensuite, il s’agira d’asphyxier ce qui l’entretient : les revenus, les soutiens, les appuis… Ceci correspond au processus exactement inverse de celui suivi par la guerre conventionnelle, lequel revient du fait d’un évident manque d’imagination, à s’épuiser contre la chair à canon de l’adversaire (en clair, poursuivre les terroristes à défaut d’éliminer qui les crée ne résoudra pas la question).

Gageons alors que les habituelles préventions, qui actuellement l’empêchent, seront alors tombées. Un autre élément de cette stratégie sera de faire émerger des chefs, tant il est parfaitement clair que c’est bien le leadership à la française, produit disons-le d’une vaste médiocrité, qui en grande partie est responsable de la situation actuelle.

Il fut en effet un temps où la France était encore la France. On a pu y voir un chef de l’État ne pas se soumettre à l’adversité, même quand on lui tirait dessus à la sten (pistolet mitrailleur rustique dont le SOE britannique équipa la résistance ). À l’évidence, il eut considéré comme une insulte qu’on lui proposât de l’exfiltrer.

Décidément, les temps ont bien changé.

Lee Trusk