Transcription de l’interview de Jean-Claude de l’Estrac

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Marie-Paule Ayé, rédactrice en chef de www.laregionale.com : Bonjour M. Jean-Claude de l’Estrac, vous êtes secrétaire général de la commission de l’Océan Indien, vous avez été plusieurs fois ministre mauricien, vous êtes écrivain, journaliste connu et respecté pour sa rigueur d’analyse, sa liberté de jugement. En quoi tout ce parcours vous a-t-il poussé à vous présenter à la succession d’Abdou Diouf.

Jean-Claude de l’Estrac : Personne ne replacera vraiment le président Diouf qui a eu l’influence que l’on sait sur l’évolution de l’Organisation internationale de la Francophonie, notamment en matière de ce que lui-même a appelé ce magistère d’influence au plan politique et diplomatique, Je n’ai pas décidé d’autre part, c’est mon pays, Maurice, qui a estimé en quelque sorte que le temps de l’Océan Indien est venu. Mais cela rejoint aussi une réflexion qui se tient dans les milieux de la Francophonie depuis plusieurs années sur le fait que la Francophonie doit s’ouvrir davantage, s’intéresser à cette partie du monde, l’Afrique Australe, l’Afrique Orientale, l’Océan Indien, où il se passe tant de choses de pertinent pour la Francophonie. Mais aussi c’est peut-être le deuxième élément, on sent bien les uns et les autres que la Francophonie est, en quelque sorte, à la croisée des chemins. Elle a connu deux grandes étapes. La première c’est celle de la Francophonie culturelle, c’est d’ailleurs une idée africaine, contrairement à ce que l’on entend dire de temps en temps, elle est née en terre africaine, elle est née grâce à la vision du président Senghor, du président Houphouet-Boigny, de Bourguiba. L’idée, à l’époque, était de constituer, en quelque sorte, un Commonwealth à la française, cette expression était utilisée par le président Senghor lui-même et qui avait fait donc de cette matrice culturelle le fondement et la spécificité de cette organisation internationale comparée à d’autres. Ensuite, le président Diouf, a apporté cette dimension politique, diplomatique, l’accompagnement de nos Etats sur la promotion de la démocratie et de l’état de droit, du respect de la diversité qui est l’une des missions essentielles de la Francophonie et dont on voit aujourd’hui combien cette mission reste d’actualité quand on constate ce qui se passe dans un certain nombre de nos pays avec l’intolérance, mère de violence et de haine, mais aujourd’hui on se rend également compte qu’il faudrait peut-être envisager un nouveau pilier à cette Francophonie, qui est celui de l’économie. C’est la raison pour laquelle déjà, au dernier sommet à Kinshasa, la question a été posée et il a été demandé d’ailleurs de présenter à Dakar, à la prochaine réunion, un rapport sur la question économique, sur ce que peut être cette Francophonie de l’économie. Alors, en nous appuyant sur ce qui a été fait, en nous appuyant sur le culturel, sur le politique, sur la promotion de la langue qui est une valeur ajoutée, nous souhaitons apporter davantage de focalisation sur la question de l’économie. Et quand je dit économie, je pense surtout à un aspect qui est un aspect à mes yeux fondamental qui est la question de l’industrialisation de l’Afrique et, quand on regarde nos problèmes, quand on pense à ce qui se passera avec la démographie de l’Afrique, on se pose la question avec angoisse parfois : mais comment va-t-on occuper nos jeunes ? De quelle manière va-t-on leur trouver un avenir ? Où trouverons-t-il les emplois dont ils auront besoin pour gérer leur propre vie, fonder des familles, offrir l’éducation à leurs enfants, avoir accèsà la santé ? Je ne vois pas d’autre moyen que de pousser à une stratégie volontariste et systématique d’industrialisation. D’autant plus que l’on voit bien que les ressources dont l’Afrique a besoin pour cette industrialisation existent déjà ; il s’agit donc d’exploiter ces ressources, qui sont là, qui sont disponibles, qui sont parfois exploitées par d’autres, par toujours à son avantage, d’apporter de la valeur, de créer des emplois. Donc, une des idées que je souhaite proposer, si je devais avoir la grande chance de présider aux destinées de cette organisation pendant les idées à venir, c’est la création d’une Agence de promotion de l’industrialisation.

MPA : Il est sur que sous le mandat de M Diouf la Francophonie politique a connu un succès étonnant au point d’intégrer des pays anglophones, c’est-à-dire des pays qui ne parlent même pas la langue française. Est-ce qu’il ne serait pas temps, en préservant les acquis de cette Francophonie politique, de la recentrer sur ses missions essentielles ?

JCLE : C’est quoi être francophone aujourd’hui ? Ce n’est pas forcément ce que c’était hier. Quelle réflexion faut-il avoir ? Quel est effectivement la place du français. Il faut faire extrêmement attention. J’entends un discours qui croit que la Francophonie a un avenir, grosso modo du fait de la démographie, qu’il y aura de plus en plus d’Africains qui vont parler français, etc. Sans doute, mais ce n’est pas suffisant. Je ne suis pas aussi optimiste que cela. Il y a des offres concurrentes aujourd’hui, il y a des possibilités nouvelles, il y a des options et si la Francophonie n’apparaît pas pertinente à la vie de nos jeunes, pour leur propre développement, pour leur épanouissement, pour leur accès à l’éducation, pour leur formation, ils vont s’en détourner, ils iront faire des études de médecine en Chine, ils iront en Inde, ils iront ailleurs ! Il ne faut pas se faire d’illusion, ils ne seront pas francophones parce que leurs pères auront été francophones, ils seront francophones parce qu’ils vont sentir que c’est une valeur ajoutée dans leur vie. Or, c’est une vraie valeur, nous sommes entrain de parler de la valeur économique, mais il y a bien sur la valeur culturelle et ce n’est pas que la pratique d’une langue : avec cette langue arrivent des valeurs qui sont réelles et qui sont attachées à la pratique de cette langue qui viennent de l’héritage de la Révolution française, qui viennent de la tradition humaniste européenne. Tout cela provoque ce ferment que nous devons exploiter en cherchant à faire en sorte que cela réponde aux attentes de la populations, parce que nos populations ont une assez fausse image ou parfois pas d’image du tout de ce que c’est que la Francophonie. C’est un autre aspect dont j’espère pouvoir porter contribution aussi parce que la Francophonie a un déficit de communication. J’ai entendu au cours de cette tournée africaine plusieurs journalistes un peu sceptiques : « que fait la Francophonie ? A quoi elle sert ? » Elle fait plein de choses mais elle ne communique pas suffisamment sur ses réalisations. Alors, je suis aussi un homme de communication, on peut se parler en confrères, je suis journaliste a priori de formation et je sais qu’il faut communiquer, il faut que la Francophonie soit lisible, il faut qu’elle soit audible. Il ne suffit pas de faire, il faut aussi faire savoir.

Philippe Evanno, directeur de la publication de la lettre Prospective Africaine : Vous êtes candidat du gouvernement de Maurice à la succession d’Abdou Diouf.  Qu’est-ce qui selon vous fait de Maurice un exemple pour la Francophonie ?

C’est quoi l’Ile Maurice ? En quelques mots, c’est un pays qui, au moment de son indépendance, c’était en 1968, est un des pays les plus pauvres de la planète, c’est on pays à 400 $ par tête d’habitant. C’est un pays à monoculture sucrière, depuis trois siècles nous ne produisons que du sucre, à tel point qu’un expert avait dit un jour que Maurice produit du sucre le matin et des petits le soir ! On avait aussi une démographie galopante. C’est un pays qui, à ce moment là, a 40 % de taux de chômage. C’est un pays sans aucune ressource naturelle, ni le pétrole, ni les minerais, ni l’or, ni le diamant, rien du tout, sauf sa population dont on ne disait pas encore que c’est la principale ressource. Et ce pays, sur cette terre étroite de moins de 2 000 km², cohabitent, se tolèrent plus ou moins des communautés venues de toutes les parties du monde, de l’Inde, de l’Afrique, de Chine, d’Europe, qui parlent toutes les langues possibles et imaginables, où toutes les religions existent, au point que les plus grands experts, notamment des experts économiques, avaient dit : « c’est un pays improbable, c’est une pays qui n’a pas de possibilité d’exister, ce n’est pas un pays viable, il n’y a aucun des déterminants de la croissance, ils n’ont aucune matière première, les marchés sont à 10 000 km, ils n’ont aucune expertise industrielle, ils ne font que du sucre : ils n’ont pas d’avenir ! » Ce pays a fait mentir ce pronostic catastrophiste puisque quelques années après il va accéder à l’indépendance puis développer une nouvelle stratégie axée précisément sur deux piliers : l’éducation, y accordant la priorité absolue, même si c’est un pays pauvre, qui fait de l’éducation gratuite pour tous au primaire d’abord, par la suite ce sera également le cas pour le secondaire et le tertiaire, mais déjà à ce moment là l’éducation devient gratuite pour tout le cycle primaire et décide d’adopter une politique d’industrialisation, on garde le secteur sucrier, vache sacrée, mais on diversifie dans l’industrie. Comment ? Nous n’avons ni capitaux, ni expertise, ni connaissance des marchés extérieurs, parce que, à l’évidence, dans un petit pays comme le nôtre à l’époque de moins d’un million d’habitants, il n’est pas question de ne produire que pour le marché intérieur, ça n’a pas de sens, il faut tout de suite s’intégrer à la mondialisation, chercher à produire pour les grands marchés européens, américains, c’est l’audace. Comme nous n’avons pas l’expertise, comme nous n’avons pas les capitaux, qu’avons-nous fait ? Nous avons été les chercher. Et c’est ce que je propose pour l’Afrique.

PE : Au cœur de vos priorités, il y a la jeunesse confrontée partout en Afrique au chômage et au rejet de l’autre, souvent pour des raisons religieuses ou ethniques. Comment la Francophonie peut-elle contribuer à sortir de cet enfermement ?

JCLE : L’intolérance et l’indigence sont des causes centrales de nos violences, de nos haines, de notre incapacité à vivre ensemble. C’est même la raison pour laquelle je pense placer le question de la bonne gestion des diversités, en termes de priorité, même avant celle de la bonne gouvernance, parce que c’est la base : on ne peut pas avoir de cohésion sociale, on ne peut pas avoir de stabilité, si nous ne sommes pas capables de vivre ensemble, malgré, en dépit de nos différences qui sont, somme toute, secondaires. Ces différences sont exacerbées par les problèmes économiques. Donc il faut une attaque sur les deux fronts. Je pense d’ailleurs, c’est une proposition que je fais de la création d’un observatoire de la diversité culturelle. On est focalisé sur les indices économiques, mais avant d’y arriver, il faut assurer la cohésion sociale, surtout dans des Etats où chacun sait dans quelles circonstances les frontières ont été crées et chacun sait les problèmes que nous devons gérer encore, qui ne sont pas résolus et ne seront jamais tout à fait résolus. Mais cela n’empêche pas un vouloir vivre ensemble. Pour que cela se réalise, il faut que chacun y trouve son compte, que tous soient pareillement respectés, que les voix les plus faibles, les minorités, puissent se faire entendre, puissent être visibles, puissent avoir leur place dans la société. C’est possible, et dans certains de nos pays, ce que nous présentons, ce que la presse internationale présente parfois comme des conflits strictement ethniques, ne le sont pas réellement, ce sont d’autres considérations qui l’expliquent, et souvent ce sont des considérations économiques, ce sont des considérations d’injustice sociale, d’exploitation économique qui exacerbent des différences qui sont, par ailleurs, réelles. Donc, je vais sur ces deux piliers : d’abord le respect de la diversité, qui est la mission première de la Francophonie et, là encore, un petit pays comme Maurice apporte témoignage que cela est possible à tel point qu’on a parlé de Maurice comme d’un miracle de la coexistence pacifique, par la suite ont a parlé de miracle économique. Mais d’abord, le miracle économique a été possible parce que les Mauriciens ont pu apprendre à vivre ensemble en bonne intelligence. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir des conflits, des rapports de force, il y en a ! Mais quand il y a la volonté de vivre ensemble on développe comme une espèce de génie de résolution des conflits. Une nation forte n’est pas une nation où il n’existe pas de conflit. Où est-elle cette nation ? Je ne la connais pas, moi. Il y a des conflits, il y a des heurts, mais avons-nous la capacité de les résoudre, avons-nous la volonté de les résoudre ? C’est possible, c’est faisable, mais ce n’est possible et faisable que dans une société apaisée.

MPA : En Afrique et dans le monde, le plurilinguisme est la condition d’une Francophonie ouverte. Le français n’est pas parlé seulement en Afrique, même si les pays africains sont les plus nombreux, on le parle au Vietnam, au Japon, en Chine, plusieurs pays s’y intéressent. Par contre, le fait de parler de plurilinguisme heurte parfois certaines personnes qui pensent que la Francophonie ne concerne que la langue française. Qu’est ce que l’on entend par plurilinguisme.

JCLE : La Francophonie doit être ouverte, doit être universelle, doit être dynamique, ne dois pas être frileuse à l’égard des autres aires linguistiques. C’est peut-être là aussi une expérience mauricienne à partager puisque nous sommes à la fois anglophones et francophones et nous n’avons aucun problème avec les langues, nous pratiquons les langues de manière complètement décomplexée, nous passons d’une langue à l’autre sans problème, sans difficulté, sans états d’âme, parce que nous pensons que c’est un outils. Alors, la Francophonie est présente sur tous les continents, je crois que c’est une valeur, que c’est une force et qu’il faut la conserver et ceux qui veulent se joindre à cette belle idée de la Francophonie, qui n’est pas seulement la pratique d’une langue mais aussi des valeurs que nous partageons, sont les bienvenus. Mais il faut qu’il y ait quand même, sans cesse, un attachement à ce qui fait l’identité de la Francophonie. Je ne sais d’où vient l’idée que la Francophonie a pu être, et voudrait être une tentative d’imposer une langue au détriment des langues nationales, des langues maternelles notamment. Mais pas du tout ! La Francophonie est une organisation qui veut promouvoir toutes les langues, qui se bat pour empêcher la disparition des langues et c’est une vraie menace, des langues disparaissent au fil des années et la Francophonie travaille au contraire à la protection et à l’épanouissement de toutes ces langues, mais elle cherche aussi à s’assurer que, comme le disait le président Senghor, le français c’est la branche sur laquelle nous sommes tous assis, c’est le ciment, c’est le socle, c’est ce qui nous permet de nous connecter au plus vaste monde, au côté d’autres langues. Nous ne sommes pas en guerre avec la langue anglaise, nous voulons la place, toute la place de cette langue qui est parlée sur les cinq continents, qui est riche, qui a une histoire et qui veut être langue de l’avenir et qui peut l’être aussi dans les sciences, dans le monde numérique. Il faut donc communiquer davantage parce que cette perception est fausse, elle ne correspond pas à la vérité de l’action de la Francophonie. Maintenant, il s’agit aussi, peut-être, de mener quelques actions grand public, il faut que la Francophonie soit hors des murs parisiens, il faut qu’elle aille davantage vers les populations, qu’elle puisse dialoguer avec les jeunes, répondre à ces interrogations, il faut qu’elle cesse d’apparaître comme une organisation institutionnelle qui se réunit une fois tous les deux ans et organise quelques grandes messes. Et il faut qu’on puisse aussi parler, y compris poser ouvertement et publiquement les questions qui fâchent. Quand il y a une perception quelque part que la Francophonie s’éloigne de sa mission, il faut que l’on puisse en parler, que ces questions soient ouvertement disputées. Donc, l’élément de communication est aussi absolument indispensable, il faut qu’on se rapproche de la société civile, que l’institution puisse compter sur des relais efficaces et il faut que ces organisations soient soutenues, que l’institution voie en elles des partenaires qui peuvent porter le message parfois de manière plus efficace que la grande institution qui apparaît aux uns et aux autres comme étant distante, élitiste. Non, elle ne l’est pas, mais il faut qu’elle en fasse la preuve quotidiennement.

PE : Vous proposez également un observatoire francophone de la diversité culturelle, pourtant les partisans du développement économique ont souvent tendance à minorer l’importance du fait culturel. N’y a-t-il pas une contradiction dans cette proposition ?

JCLE : Pourquoi n’avons-nous pas stabilité dans beaucoup de nos pays ? En raison de cette crise d’irrespect, d’intolérance, l’incapacité de vivre ensemble avec le voisin, c’est la base de tout. Le développement de l’économie ne sera pas possible si l’on arrive pas à créer les conditions propices à son développement. Les conditions propices c’est quoi ? C’est attirer les investisseurs, locaux et internationaux. Qui sont ceux qui vont créer des emplois ? Souvent, dans le monde francophone, je n’entend pas assez souvent le mot entrepreneur, le mot secteur privé, alors que de ce point de vue les anglophones sont très pragmatiques, ils vont les chercher, ils déroulent le tapis rouge, ils les encouragent, ils les soutiennent : c’est ce que nous devons faire ! Mais le préalable, la condition sine qua non, c’est la paix et la tranquillité ; la stabilité. Là-dessus, nous développons un état de droit, une démocratie ouverte, transparente, et nous créons les conditions pour que les industries s’installent, se développent, prospèrent, créent de la richesse, créent des emplois ? Tout est dans tout. Je ne fais pas une différence entre un aspect et l’autre ? L’économie, c’est transversal, parce que si vous voulez réussir l’industrialisation, il vous faut une nation apaisée, il vous faut des institutions fortes, il vous faut la paix sociale, il vous faut des règles de bonne gouvernance, il vous faut un état de droit qui respecte les biens. Par le biais de l’économie, nous allons atteindre tous ces objectifs et ça se fait de plus en plus et ça ce sait que c’est la voie obligée, mais il faut travailler sur tous les tableaux. On a perdu du temps et on n’a pas le temps !

PE : La Côte d’Ivoire sort d’une crise politique qui a été accompagnée d’un effondrement économique. A tel point que les observateurs, dans le courant de 2011, ne voyaient pas de perspectives de redressement avant 2020, or, nous sommes seulement trois ans après et le redressement économique est là. Ce qui manque désormais, c’est l’amélioration de l’emploi et des salaires. La Francophonie telle que vous la préconisez peut donc aider à y parvenir ?

JCLE : Il faut du travail pour les Ivoiriens. Je vois qu’ils se plaignent de la cherté de la vie. L’Etat ne pourra rien sur le prix du pétrole ou sur le prix des articles, l’Etat ne peut pas faire baisser les prix, la Côte d’Ivoire n’aurait pas les moyens de le faire, par contre l’Etat peut, par se politique d’industrialisation, de création d’emploi, donner les moyens de se payer ces articles, d’avoir les moyens d’accéder à ces biens. La première industrie de la zone franche mauricienne, vous savez ce que c’est ? Nous étions exportateurs de trous, c’est une petite entreprise, qui a commencé petite mais qui est devenue grande, qui s’appelle Microdrual, qui faisait venir de la Suisse des rubis pour les perforer, ce qui est un travail extrêmement minutieux et il y a toute une entreprise qui est née de la nécessité de perforer des rubis qui sont utilisés en horlogerie et ce sont des petites mains mauriciennes qui ont percé des milliers de trous dans des rubis et, donc, le seul produit qu’on exportait c’était un trou dans un rubis. C’est fabuleux, quand on y pense, ce que la créativité humaine peut faire. C’est le premier produit d’exportation de l’Ile Maurice industrielle dans les années 70. Il fautr aller dans cette direction et dans un pays béni comme la Côte d’Ivoire, le sol, le sous-sol, la population, écoutez, si vous ne réussisez pas vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous-mêmes et , à la limite, vous n’avez même pas besoin de la Francophonie, c’est vous qui pouvez apporter le témoignage de votre réussite à la Francophonie.