Investir en Afrique

L’approche prise dans cette rubrique est celle d’un chef d’entreprise qui veut investir en Afrique, marché maintenant reconnu par la presse pour son potentiel de croissance, sa taille (malgré une localisation principalement côtière), lieu actuel de confrontation entre les anciens partenaires économiques de l’Afrique et les BRICS.

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Les questions que se pose un chef d’entreprise face à un monde inconnu sont relativement simples :

  • Aurais-je la liberté de gérer librement mon entreprise ?
  • Est-ce que la corruption va grever mes coûts ?
  • Les voies d’approvisionnement pour mes achats et de livraison pour mes produits
    sont-elles adéquates ?
  • Pourrais-je rapatrier mes gains ?
  • Les tensions sociales ne vont-elles pas conduire à une crise ?
  • Les tensions entre hommes politiques ou ambitions de certains d’entre eux ne vont-elles pas conduire à une crise ? La défaillance de santé des hommes au pouvoir ne va-t-elle pas compromettre
    la stabilité ?
  • Etc.

Le classement des pays face à ces questions évolue lentement, c’est la raison pour laquelle deux ou trois questions seront examinées dans chaque article.

Une fois, ces différentes questions examinées, reste une question importante pour l’analyste de l’entreprise : quel taux d’actualisation prendre pour tenir compte du risque, pour décider du pays dans lequel investir ?

Si le retour sur le capital est estimé traditionnellement à 15 %, si les fonds d’investissement parlent de taux de rentabilité interne de 30 % (que souvent ils n’atteignent pas), que doit-il être pour un investisseur en Afrique ? 15 %, 30 %, 50 %… D’aucuns disent que le payback en Afrique doit être de deux ans (durée sur laquelle on a récupéré son investissement).

Un taux trop élevé va handicaper l’attrait du pays pour les investisseurs étrangers, influer sur les stratégies de prix ou service des entreprises et donc ralentir le développement économique du pays.

Commençons par deux indices :

L’indice de liberté économique publié (courbe bleue sur le graphique) par The Heritage Foundation en  association avec le Wall Street Journal qui examine la liberté d’entreprendre de dix points de vue :

  • La liberté  de créer et de gérer une entreprise sans interférence de l’État,
  • La liberté de commercer, importer, exporter sans droits excessifs,
  • La liberté fiscale,
  • La limitation de la dépense publique,
  • La liberté monétaire, de change et de transfert des fonds
  • La liberté de choisir son investissement,
  • La liberté financière,
  • La protection des droits de propriété,
  • L’absence de corruption,
  • La liberté dans le marché du travail,
  • La corruption telle que mesurée par Transparency International (courbe rouge sur le graphique)

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La corruption peut s’analyser comme un coût ou un risque. Si elle est prise en compte dans les coûts du calcul d’actualisation, elle ne constitue un risque qu’en cas d’agacement des dirigeants du projet, ou des investisseurs, conduisant à l’arrêt du projet.

Il y a une relation évidente entre ces deux indices, les statisticiens parleraient de corrélation, ce qui est logique puisque dans le premier indice entre une composante corruption.

Les principaux pays se classent en trois groupes selon l’indice de liberté économique :

A ce stade de la présentation parmi les pays francophones préférables figurent le Sénégal, Madagascar, le Burkina Faso. Inquiétante et inattendue est la position du Togo.

Le prochain article sera consacré au risque de bouleversement des conditions économiques et à la précarité de l’équilibre existant, cela en raison de l’existence de tensions sociales perceptibles, soit de conflits entre personnalités politiques ou clans.

Christian de Montozon