jeudi, 19 juillet 2018
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« Charlie » et l’Afrique… Témoignage d’un général français de retour du Mali

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Avant la projection des soldats ivoiriens au Mali, des instructeurs de l’Armée française ont formé les 235 éléments du Bataillon Logistique. © Creative Commons

[Repost de marechalunjour.a.m.f.unblog.fr]

Je viens de rentrer d’une semaine à Bamako, où j’ai travaillé avec des Maliens, des Nigériens et des Mauritaniens, sur des questions de lutte anti-terrorisme. J’étais accompagné là-bas par une collègue belge et un collègue espagnol.

Dans le petit hôtel « le Campagnard », où nous étions logés et où se déroulaient nos réunions, la télévision, comme souvent en Afrique était allumée toute la journée. La chaîne France 24, chaîne chargée de faire connaître le rayonnement de la France, diffusait plusieurs fois par jour, un petit clip d’une minute où l’on pouvait voir toute une succession de personnes, de toutes origines ethniques, portant une pancarte « je suis Charlie ». A la fin, ça devenait énervant, même pour moi. Cela l’était encore plus pour mes amis africains. Depuis la parution du dernier numéro de Charlie Hebdo, vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires,

Interview de Jean Claude de l’Estrac, candidat de l’île Maurice au Secrétariat général de la Francophonie

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jean-Claude de l'Estrac et Abdou Diouf
Jean-Claude de l’Estrac et Abdou Diouf

1/ Vous êtes le candidat d’un État toujours présenté comme très petit mais, au regard de l’Indice de développement humain, votre pays est classé un peu en dessous du Liban, avant la Tunisie, le Gabon, le Vietnam ou le Maroc. Cela vous place dans la catégorie des pays nouvellement industrialisés, devant tous les pays émergents membres de l’OIF. Comment un pays sans ressources naturelles, d’une extrême pauvreté lors de son indépendance, en 1968, et doté d’une diversité ethnique et religieuse extrême a-t-il pu y arriver ?

Il est vrai que les résultats de Maurice en termes d’IDH sont très positifs, au point que l’on peut parler d’un « grand petit pays ». Maurice est considéré aujourd’hui comme l’un des plus performants sur le plan économique, mais aussi sur le plan social. Ce « miracle mauricien », comme certains observateurs l’ont qualifié, tient d’abord à la gestion réussie de notre diversité culturelle. Malgré les difficultés que l’on nous annonçait insurmontables au moment de notre indépendance, nous avons créé les conditions de la coexistence pacifique de nos communautés. C’est sur un terrain social et communautaire assaini que nous avons assis les bases de notre décollage.

Secrétariat général de la Francophonie : vers un probable consensus

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La succession d’Abdou Diouf s’avère complexe. En effet, l’Afrique ayant traîné à présenter des candidats, c’est le Canada qui, le premier, à proposé la candidature de Michaëlle Jean. Un tel choix reviendrait à abandonner la règle non écrite d’attribution du poste de secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à un représentant du Sud tandis que celui

Transcription de l’interview de Jean-Claude de l’Estrac

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Marie-Paule Ayé, rédactrice en chef de www.laregionale.com : Bonjour M. Jean-Claude de l’Estrac, vous êtes secrétaire général de la commission de l’Océan Indien, vous avez été plusieurs fois ministre mauricien, vous êtes écrivain, journaliste connu et respecté pour sa rigueur d’analyse, sa liberté de jugement. En quoi tout ce parcours vous a-t-il poussé à vous présenter à la succession d’Abdou Diouf.

Jean-Claude de l’Estrac : Personne ne replacera vraiment le président Diouf qui a eu l’influence que l’on sait sur l’évolution de l’Organisation internationale de la Francophonie, notamment en matière de ce que lui-même a appelé ce magistère d’influence au plan politique et diplomatique, Je n’ai pas décidé d’autre part, c’est mon pays, Maurice, qui a estimé en quelque

Prospective stratégique

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L’interconnexion des crises est un phénomène largement sous-estimé des stratèges occidentaux. C’est elle qui surprend par la vitesse et la variabilité des changements de situation. C’est encore elle qui fait dire au Pentagone que le monde est « volatile, incertain, complexe et ambigu », ce qu’il a en fait toujours été mais, bien évidemment, la perception en est d’autant plus forte… qu’on a perdu la main.

L’intervention française au Mali fut précipitée par l’élan jugé suffisamment dangereux de la branche locale de l’islamisme crypto-mafieux, lequel se sentait à l’époque largement encouragé par ses succès en Libye, par l’appui occidental et pétro-monarchique dont il bénéficie depuis et, en Syrie notamment, par le sentiment, enfin, qu’il serait le principale bénéficiaire de cette vague dite des « printemps arabe ».

Le succès de cette intervention restait cependant

La réconciliation nationale au Mali est-elle possible ?

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Comment définir la réconciliation nationale ? Selon Pascal Mbongo, « il s’agit […] de penser les institutions qui permettent de sortir de la guerre civile, de penser des institutions qui soient telles que les individus et les groupes formulent leurs désirs et œuvrent en vue de les atteindre autrement que par la guerre ». Et il ajoute : « or il existe nécessairement d’autres dimensions que juridiques à tout changement institutionnel, et en particulier des dimensions culturelles et symboliques […] ». [Pascal Mbongo, « Guerre civile, Réconciliation nationale, Democratic Building et Droit », in Pascal Mbongo (dir.), L’Excès. L’hypermodernité, entre droit et politique, Paris, Mare et Martin, 2012, 285 et 298.]

Commencer par la justice semble habituellement la bonne méthode, mais est-ce possible ? La donne interne comme sous-régionale permet-elle autre chose qu’une approche très pragmatique ? Quelles leçons peut-on tirer de la mise en œuvre ratée de la

Rumeur … quand tu nous tiens !

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En Afrique, dans la brousse il y avait le tam-tam et maintenant, dans les villes – des mégapoles de plusieurs millions d’habitants tout de même, bien autres choses que ces villes provinciales endormies que sont les capitales européennes –, il y a la rumeur qui bourdonne, incessante.

Pour le « sachant », cette nouvelle race de ceux qui croient savoir, la rumeur ne saurait qu’être écartée avec une savante pointe de mépris, et ce d’autant plus qu’il s’en nourrit pleinement sans le savoir  tel le moderne petit Mr Jourdain. Ce mépris lui vient peut-être du fait inavouable qu’au fond il estime que la rumeur est d’abord cet irremplaçable et âpre gazouillis de la femme africaine quand elle rencontre une autre femme africaine. Le philosophe de poche, qui lui se prend pour un grand sage, évoque plutôt ce fond de vérité qui voyagerait fortement enveloppée de la rumeur. Enfin, les médias

Wahhabisme et Afrique

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L’affaire malienne s’estompe, mais en apparence seulement. Elle n’est pas résolue, mais le centre de gravité de la menace s’est déporté ailleurs. Il serait donc grand temps d’en capitaliser les utiles enseignements car, sous peu, les mêmes questions vont se reposer ailleurs.

Quels sont ces enseignements ? En fait, s’il fallait en désigner un seul, parce qu’il peut coaguler tous les autres, il porterait le nom de «wahhabisme». «Étonnamment» c’est bien ce wahhabisme que les Français combattirent sous sa forme locale au Mali. « Étonnamment » parce qu’ailleurs, particulièrement en Syrie, il semble bien qu’ils chercheraient plutôt à le protéger, voire à le promouvoir. C’est la preuve, s’il en est, de la très profonde ambiguïté du phénomène wahhabite.

Le wahhabisme naît il y a à peu près

Investir en Afrique

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Les questions que se pose un chef d’entreprise face à un monde inconnu sont relativement simples :

  • Aurais-je la liberté de gérer librement mon entreprise ?
  • Est-ce que la corruption va grever mes coûts ?
  • Les voies d’approvisionnement pour mes achats et de livraison pour mes produits
    sont-elles adéquates ?
  • Pourrais-je rapatrier mes gains ?
  • Les tensions sociales ne vont-elles pas conduire à une crise ?
  • Les tensions entre hommes politiques ou ambitions de certains d’entre eux ne vont-elles pas conduire à une crise ? La défaillance de santé des hommes au pouvoir ne va-t-elle pas compromettre
    la stabilité ?
  • Etc.

Honni soit qui Mali pense

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Après une mise en condition médiatique en règle, désormais classique avant toute intervention militaire mandatée par la « communauté internationale », la crise malienne a subitement disparue des écrans radar. Les raisons en sont multiples…

Une première raison serait que la faute en revienne à la crise syrienne, qui promet de durer quel qu’en soit le vainqueur apparent. Mais c’est surtout le risque sérieux de son extension incontrôlable qui mérite amplement, et pour une fois, de ne pas avoir « plusieurs fers au feu » car les conflits, ça résonne et ça ne ferait que le troisième (donc trois fronts) avec l’Afghanistan.

La seconde raison pourrait provenir d’une